ATHLÈTES FEMMES, MATERNITÉ ET SPONSORS

Etre athlète et maman, c’est affronter bon nombre d’obstacles. De nombreux témoignages rapportent le combat des athlètes pendant leur maternité pour garder leur sponsor.

Le 2 février 2023, Clarisse Cremer annonçait que son sponsor banque Populaire la lâchait à un an du départ du Vendée Globe.

Quand les sponsors ne jouent pas le jeu

Douzième du dernier Vendée Globe et détentrice du record féminin autour du monde, Clarisse Cremer avait été soutenue par Banque Populaire lorsqu’elle leur avait annoncé son souhait de devenir mère. Elle donne naissance à une petite fille en novembre 2022. 

Il restait 2 saisons complètes et 4 transatlantiques pour revenir au niveau avant le départ de la transat en 2024. Mais selon le sponsor, son retard pris dans sa qualification représente un risque de ne pas être présente sur le prochain Vendée Globe.

Banque populaire choisit alors de la remplacer. Un choc pour l’athlète.

Clarisse Cremer, Femmes athlètes, maternité et sponsors

Pourtant, un autre modèle est possible

A l’inverse, On Running vient de signer avec Floriane Hot alors qu’elle est enceinte.

La marque avait soumis une offre de sponsoring à la coureuse française avant que celle-ci ne tombe enceinte. Quand la firme l’apprend, elle a décidé de ne rien changer au contrat.

Floriane Hot Femmes athlètes, maternité et sponsors

“Cela m’a surprise. »

J’aurais tout à fait compris et accepté si elle avait modifié quelques lignes dans le contrat, puisque ma saison 2023 ne sera pas celle que «On» espérait quand nous avons discuté du partenariat. Mais elle a décidé de ne rien changer et de m’accompagner durant ma grossesse.» témoigne-t-elle au média Watson.

Rare !

De l'espoir ! 😍

Joana, fondatrice de @momout.family , a créé une plateforme qui accompagne les femmes dans la pratique du sport pendant leur grossesse et après la naissance de leur bébé.

Elle relate dans son post du 24 janvier, à l’occasion de la journée du sport féminin une enquête “Sport de Haut Niveau et Maternité” faite par un groupe de travail associé au ministère des Sports : 61,6% des sportives interrogées pensent qu’il est difficile de devenir mère pendant sa carrière sportive. 🤔

Et ce n’est pas vraiment pour des raisons sportives. Elles ont des craintes concernant le soutien de l’encadrement technique, une rupture avec leur environnement sportif, et l’avis des autres athlètes.

« On est peu d’athlètes à avoir osé mais il faut prouver que c’est possible à l’aube des Jeux de Paris en 2024 », explique Manon Genest, championne du monde de para triathlon en 2016 à France Bleu en janvier.

« Il faut avoir le cran de dire qu’on peut avoir été enceinte et qu’on peut revenir aussi forte, voire encore plus forte ». Avoir un enfant ne doit pas être perçu comme une contrainte mais comme une force. « Un accompagnement financier, ça nous soulagerait beaucoup. Mes sponsors sont mobilisés sur le sujet, ils m’aident. Mais il faudrait que le dispositif soit ancré au niveau national, cela faciliterait les choses sur tous les plans », conclut l’athlète.
Manon Genest Femmes athlètes, maternité et sponsors

Le foot est encore un sport d'hommes, la maternité choque.

Le 18 janvier dernier, la footballeuse Sara Björk Gunnarsdóttir révèle comment l’OL a coupé son salaire durant sa grossesse.

Tout démarre en mars 2021. Sara Björk Gunnarsdóttir fait un test de grossesse et apprend qu’elle est enceinte. Après la joie de l’annonce vient l’inquiétude : comment l’équipe va-t-elle prendre la nouvelle ?

Sara Björk Gunnarsdóttir Femmes athlètes, maternité et sponsors

« C’était drôle de voir leurs réactions parce que certaines personnes étaient choquées. Je pense qu’il y avait beaucoup d’émotions mélangées – quand une joueuse annonce qu’elle est enceinte, c’est un moment spécial, qui vient aussi avec son lot d’inconnues. »

Et puis, après deux mois de grossesse, Sara Björk Gunnarsdóttir ne reçoit pas une première paye. Elle demande alors à ses collègues, qui elles, ont reçu la leur à temps. Au départ, elle pense à un oubli et ne s’en inquiète pas outre-mesure. « Puis je n’ai pas reçu la suivante. Donc là je me dis, ‘attends’. »

Elle contacte alors la direction de l’OL féminin qui lui assure qu’il s’agit d’une erreur. Puis, après quelque temps, ses payes ne venant toujours pas, la direction lui rétorque s’en remettre à la législation française, et ne plus rien lui devoir.

Choquée, Sara Björk Gunnarsdóttir se demande si elle vient de perdre sa place dans l’équipe (son contrat court pourtant encore pendant six mois). « Peut-être qu’ils ont pensé ‘elle va en Islande pour prendre des vacances’. Mais je m’entrainais comme une dingue pendant ma grossesse. Une fois les nausées passées, je me sentais fraîche. Je détestais le fait de ne plus être capable de jouer au foot, mais je pouvais courir, nager. Je travaillais tous les jours avec un coach, que j’ai payé moi-même… D’ailleurs, j’ai dû payer pour tout durant cette période sur mes économies. […] 

Ce n’est pas un sentiment agréable, notamment quand on est sur le point de créer une famille. »

Source Madmoizelle

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